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En avril 1917, soutenu par l’opinion publique américaine, le Président Wilson fait voter l'entrée en guerre des États-Unis. Entrés en guerre tardivement, la nation américaine va renverser l'équilibre des forces en faveur des alliés. Entre, les premiè

Les objets

Voiture

Ambulance AFS 1917

1917, Etats Unis

Ambulance de l’American Field Service, Voiture Ford T, 1917H. 178 cm ; L. 421 cm ; l : 206 cmInv. Dsb 352Dès septembre 1914, l'hôpital américain de Neuilly, fondé à la fin du XIXème siècle par la communauté américaine de Paris, met sur pied une « Ambulance ». Ce service, destiné à évacuer les blessés français des gares vers les hôpitaux les plus proches, est effectué par des bénévoles américains qui savent conduire. En 1915, Abram Piatt Andrew, ancien professeur d’économie à Harvard, crée l’American Field Service (A.F.S.), organisation humanitaire qui recrute des volontaires dans les universités américaines pour conduire les véhicules sanitaires et évacuer les blessés. Dès le début de la guerre, le directeur des usines Ford de Paris avait fourni dix châssis du fameux modèle T - fabriqué en série depuis 1913 - sur lesquels il suffisait de fixer une simple caisse en bois aménagée pour accueillir “3 couchés ou 4 assis”. Surnommée “l’araignée” à cause de la hauteur de son châssis, cette ambulance a pu démontrer son efficacité pour transporter les blessés des terrains bouleversés de Verdun ou du Chemin des Dames vers les hôpitaux de l’arrière.L’ambulance de l’American Field Service conservée à Blérancourt a été utilisée dans le Soissonnais, théâtre de combats meurtriers. Elle constitue un témoignage exceptionnel quant au rôle des organisations humanitaires américaines sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale.L'American Field ServiceÀ la déclaration de la 1re guerre mondiale, des centaines de jeunes des universités de la côte Est des USA, comme E.E. Cummings, John Dos Passos, Julien Green, Ernest Hemingway, Alan Seeger embarquent pour l’Europe. Beaucoup s’engagent dans l’American Field Service, créé en 1915 par Piatt Andrew et Stephen Galatti. Équipés d’ambulances motorisées, expédiées par centaine des États-Unis (le musée conserve un exemplaire du fameux modèle T de Ford), ils sont rattachés à des divisions de combat françaises. Avec leurs véhicules, ils assurent l’évacuation vers les hôpitaux des soldats blessés sur le front et contribuent aussi au ravitaillement des lignes. Ils participent aux opérations les plus importantes : Verdun, le Chemin des Dames.Après la guerre, AFS dédia des bourses à des jeunes français et américains pour leur permettre de suivre un cursus universitaire en France et aux États-Unis. Cette association dont l’histoire est intimement liée à celle du musée est issue de ce mouvement. AFS est une organisation mondiale, non gouvernementale (2e association après la Croix Rouge), à but non lucratif, qui a pour mission de favoriser l’apprentissage interculturel, grâce aux bénévoles et familles d’accueil dans le monde entier, afin de développer la compréhension, les connaissances et les compétences nécessaires pour construire un monde plus pacifique et plus juste.En savoir plus : l'Histoire par l'image…

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© Marc Poirier
Ambulance AFS 1917

Peinture

Poilu gazé alertant les soldats américains

Bouchor Joseph-Félix (1853-1937) , peintre 1918

Durant le conflit, les soldats afro-américains ne sont pas autorisés à combattre aux côtés des Américains blancs. Regroupés au sein de la 93ème division, ils sont intégrés à l’armée française qui assure leur formation et leur équipement.Gassed French infantryman alerting Black American soldiers, Vauxaillon, September 1918During the conflict, Afro-American soldiers were not allowed to fight alongside white Americans. They were grouped within the 93th division and integrated into the French army which provided their training and equipment. Retrouvez plus d'informations sur la présence afro-américaine dans les régiments américains pendant la Première Guerre mondialegrâce au travail de l'ACHAC :Frères d’ArmesUne série réalisée par Pascal Blanchard et Rachid Bouchareb, produite par Tessalit productions en co-production avec Les BDM, l’INA et Gaumont Pathé Archives, avec la participation de France Télévisions.http://achac.com/memoires-combattantes/films/ 

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© RMNGP
Poilu gazé alertant les soldats américains

Militaria

Insigne à la tête de Sioux

États-Unis 1917

Emblème de l’Escadrille La FayetteFragment de l’avion de Harold Buckley WillisHuile sur toile de fuselage47 X 74 cmInv. Dtc 62-5Dès 1914, en dépit de la neutralité affichée des États-Unis dans le conflit qui oppose les Alliés aux Empires centraux, de nombreux volontaires américains souhaitent s’engager et lutter contre l’Allemagne aux côtés de la France. C’est cette volonté opiniâtre de jeunes citoyens américains qui est à l’origine de la création à Luxeuil-les-Bains, le 20 avril 1916, de l’unité aéronautique N 124, plus connue sous le nom d’Escadrille La Fayette. Composée de pilotes américains au service de l’armée française, elle est placée sous le commandement du capitaine Georges Thénault. Recrutés pour la plupart dans la Légion étrangère ou parmi les ambulanciers bénévoles, ces volontaires apprennent à piloter avant d’être affectés sur des bases situées à une trentaine de kilomètres du front. Ils effectuent des missions quotidiennes aux commandes de Nieuport ou de Spad qui peuvent atteindre 150 à 200 kilomètres/heure et qui sont armés pour les combats aériens. Les exploits des quarante-trois pilotes de l’escadrille - dont neuf sont morts au combat - entretiennent la légende de cette unité et sont largement commentés dans la presse américaine.En décembre 1916, le capitaine Thénault choisit comme insigne de l’Escadrille La Fayette la tête d’indien séminole, symbole de force, de combativité et de courage. Harold Buckley Willis donne la dernière touche au modèle peint par le mécanicien Suchet et Raoul Lufbery y ajoute la croix en forme de svastika, motif porte bonheur dont les origines remontent à l'Inde ancienne.En savoir plus : l'Histoire par l'image...

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Insigne à la tête de Sioux

Peinture

La cathédrale de Reims, septembre 1917, 1917

France, 1917

Huile sur bois26,8 X 35,5 cmInv. Dsb 48Au lendemain de la bataille de la Marne (6-13 septembre 1914), les Allemands se replient sur les rives de l’Aisne, en Champagne, en Argonne, soit environ 70 kilomètres en arrière de leur ligne de départ. En face, les forces françaises se répartissent ainsi : la VIe armée de Maunoury sur les plateaux du Soissonnais, la Ve armée de Franchet d’Esperey à moitié sur les plateaux, à moitié dans la région de Reims, la IVe armée de Langle de Cary en Champagne, la IIIe armée de Sarrail de l’Argonne à Verdun. Les deux adversaires ne cessent de se harceler. C’est ainsi que le 19 septembre 1914, la Ve armée française se heurte à l’ennemi dans la région de Reims et que la splendide cathédrale est incendiée. L’acharnement des Allemands à détruire Reims, la cité royale, bouleverse profondément l’opinion publique française. On connaissait le pouvoir destructeur des explosifs modernes, mais on pensait que les monuments historiques, le patrimoine artistique seraient épargnés. Il faut bien se rendre à l’évidence : rien de ce qui se trouve dans la zone des combats n’échappera à la destruction. Les Français sont désormais convaincus que l’ennemi est un “barbare” sans âme. En réalité, c’est la guerre à outrance, encouragée par les progrès industriels et l’exaspération des sentiments nationaux, qui émerge dès 1914.L’anéantissement de ce patrimoine prestigieux et séculaire a largement alimenté les carnets de croquis de Joseph-Félix Bouchor. Il a représenté à plusieurs reprises la cathédrale de Reims, mais aussi Hôtel de Ville de Reims, l’évêché de Verdun, le centre historique d’Ypres, l’église de Nieuport, l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes et la cathédrale de Soissons, ainsi que de nombreux édifices civils et religieux du Nord de la France. La plupart de ces peintures sont conservées au Musée de Blérancourt. En savoir plus : l'Histoire par l'image…

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
La cathédrale de Reims, septembre 1917, 1917

Peinture

Enterrement d’un officier dans les Vosges, juillet 1915, 1915

France, 1915

Huile sur carton24 X 33 cmInv. Dsb 59Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France et, dès le lendemain, chacun des deux belligérants engage le combat selon les modalités prévues par son état-major. L’Allemagne met en oeuvre le plan Schlieffen - prêt depuis 1898 : elle pénètre en Belgique, pays neutre, et envahit le Nord-Ouest de la France. Sans se préoccuper des mouvements de l’ennemi, Joffre commandant en chef des troupes françaises, applique le plan XVII : il déploie l’essentiel de ses unités au Nord et à l’Est du pays et engage deux offensives, l’une pour libérer l’Alsace et la Lorraine, l’autre dans les Ardennes. Ces deux offensives échouent et, à partir du 24 août, les armées françaises battent en retraite tandis que l’armée allemande infléchit sa progression vers le Sud-Est plutôt que de poursuivre son avancée vers Paris. Ce changement de direction permet alors au général Joffre d’engager une contre-offensive générale : la bataille de la Marne est déclenchée le 6 septembre 1914. Elle oblige les Allemands à se replier sur l’Aisne et entraîne la stabilisation du front sur 800 kilomètres, des Vosges à la mer du Nord. Les combattants s’enterrent dans des tranchées et, pendant près de quatre ans, ils vont tenter de revenir à la guerre de mouvement au prix de pertes considérables. C’est le cas en 1915 dans les Vosges. Le Hartsmannwillerkopf domine la plaine d’Alsace du haut de ses 600 mètres. Baptisé “le Vieil Armand” par les Français, ce terrain escarpé, boisé et hostile est repris et perdu tour à tour. Il reste finalement aux mains des Français, mais 100 000 hommes - Français et Allemands confondus - y ont laissé la vie.Sillonnant le front d’Est en Ouest son carnet de croquis à la main, Joseph-Félix Bouchor a immortalisé les émouvantes funérailles d’un officier anonyme, victime de ces combats meurtriers et dérisoires, dans le cadre agreste et verdoyant de la montagne vosgienne. En savoir plus : l'Histoire par l'image…

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Enterrement d’un officier dans les Vosges, juillet 1915, 1915

Peinture

Le dernier coup de canon aux Invalides, le jour de la signature de la paix, 28 juin 1919, 1919

France, 1919

Huile sur carton22,2 X 35 cmInv. Dsb 49Après l’armistice du 11 novembre 1918 qui marque la fin des combats, se tient à Versailles, du 18 janvier au 28 juin 1919, une conférence de la paix qui regroupe les représentants des 27 États vainqueurs. Les pays vaincus en sont exclus. Quatre hommes ont joué un rôle majeur dans cette conférence : Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, Georges Clemenceau, président du Conseil, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, et Lloyd George, premier ministre britannique. L’importance attachée par le président des États-Unis à cette conférence de la paix se marque par sa décision d’y participer personnellement : pour la première fois, un président américain en exercice quitte le sol de son pays. Accueilli avec enthousiasme lors de son arrivée, Woodrow Wilson restera en Europe de décembre 1918 à juillet 1919. Le principe de base du règlement des questions territoriales est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais cette disposition soulèvera d’innombrables problèmes d’application du fait de l’enchevêtrement des groupes ethniques en Europe centrale et orientale.Quoique imparfait, le traité de Versailles est finalement signé le 28 juin 1919, cinq ans jour pour jour après l’attentat de Sarajevo : date symbolique, symbolique aussi ce dernier coup de canon tiré aux Invalides - sujet de cette petite peinture de Joseph-Félix Bouchor - qui met un point final au premier conflit mondial.

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Le dernier coup de canon aux Invalides, le jour de la signature de la paix, 28 juin 1919, 1919

Peinture

Le Président Georges Clemenceau, 1917

France 1917

Huile sur toile33 X 24 cmInv. Dsb 134.1Joseph-Félix Bouchor est né à Paris en 1853. Vers l’âge de vingt ans, il se découvre une soudaine passion pour la peinture, que ses amis Edouard Manet (1832-1883) et le caricaturiste André Gill (1840-1885) encouragent vivement, lui conseillant de peindre sur le motif. Portraitiste de renom, il voyage beaucoup autour de la Méditerranée, visitant l’Égypte, la Turquie, le Maroc, l’Italie, et produisant de petits paysages orientalistes dont le Musée de Noyon possède une importante collection. La Normandie et la Bretagne nourrirent également son inspiration. En 1914, âgé de soixante et un ans, il demanda à être mobilisé et devint peintre attaché au Musée de l’Armée. Pendant toute la guerre, il parcourt le front occidental, esquissant sur le vif les combats, les destructions, les scènes et les anecdotes de la vie mouvementée des soldats. Portraitiste, il fixe également sur le papier les traits de nombreuses personnalités civiles et militaires engagées dans le conflit : les généraux Joffre, Galliéni, Foch, Pétain, Franchet d’Espérey, Lyautey, Fayolle, Maunoury, Mangin, Weygand, Gouraud, Pershing… mais aussi le roi des Belges Albert Ier, André Tardieu, Raymond Poincaré, Alexandre Millerand, Gabriele d’Annunzio… Nombre de ces portraits sont reproduits à des milliers d’exemplaires sous forme de cartes postales et distribués aux combattants.Le portrait de Georges Clemenceau (1841-1929) appartient à cette dernière série. Médecin, Clemenceau entre dans la carrière politique en 1870, après la chute du Second Empire. Maire de Montmartre, il est élu député de Paris en 1871. Leader de la Gauche radicale contre la Droite et les Républicains opportunistes, il contribue à provoquer la chute de plusieurs ministères d’où son surnom de “tombeur de ministères” et, plus tard, de “Tigre”. Compromis dans le scandale de Panama, il est battu aux élections de 1893, mais ses prises de position en faveur du capitaine Dreyfus le ramenent sur le devant de la scène politique. Sénateur en 1902, il est président du Conseil de 1906 à 1909, période pendant laquelle il doit réprimer sévèrement de graves troubles sociaux, ce qui lui vaut l’hostilité des socialistes. En 1913, il vote par patriotisme la loi des trois ans sur le service militaire et, de 1914 à 1917, il ne cesse de dénoncer les insuffisances de l’effort de guerre. Le 16 novembre 1917, alors que le conflit s’enlisait et que le moral des troupes était au plus bas, Raymond Poincaré l’appelle à la Présidence du Conseil. Il restaure la confiance de la nation en luttant contre le défaitisme et en obtenant des Alliés que le commandement unique soit confié à Foch.L’artiste a représenté le “Père la Victoire” coiffé du célèbre chapeau mou qu’il porte lorsqu’il parcourt inlassablement le front pour remonter le moral des “poilus” dans les tranchées, ce qui lui vaut une immense popularité.

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Le Président Georges Clemenceau, 1917