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Acquisitions en 2024

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Les objets

Charles Léandre, Sous l’égide de la Liberté, vers 1918

Charles Léandre (Champsecret, 1862 – Paris, 1934), Sous l’égide de la Liberté, vers 1918, s.b.d. C. Leandre ; Insc.b.c. Sous l’égide de la Liberté / L’Amérique reconnaissante rend à la France l’aide militaire que celle-ci lui apporta jadis pour conquérir son indépendance, gouache sur papier vélin beige fin. H. 37,5 cm ; L. 48,7 cm, don de Monsieur Vincent Foucart, MNB 2024.1.1  Portraitiste de talent, Charles Léandre doit sa célébrité aux caricatures féroces dont il alimente quotidiennement les journaux du début du siècle. La Première Guerre mondiale, à laquelle il ne peut prendre part car trop âgé, fournit un terrain propice à l’exercice de son talent dans des journaux comme Le Rire rouge et la Baïonnette. Ce grand dessin à la gouache évoque l’engagement de l’Amérique aux côtés de la France pendant la Première Guerre mondiale, au nom de l’amitié nouée lors de la guerre d’indépendance américaine. La forme arrondie de la partie supérieure de la feuille ainsi que son caractère esquissé indiquent un projet de tableau qui n’a semble-t-il pas été réalisé. Au centre, la Statue de la Liberté symbolise l’Amérique, protégeant les deux nations alliées que sont la France, avec son bonnet phrygien, et l’Angleterre. À gauche, un poilu à cheval côtoie un soldat en costume XVIIIe siècle, probablement Lafayette ; à droite, un soldat allemand en uniforme feldgrau attaque avec son cheval les trois nations alliées. 

Charles Léandre, Sous l’égide de la Liberté, vers 1918

Paul Coze, Portrait de Geronimo

Paul Coze (Beyrouth, Liban, 1903 – Phoenix, U.S.A., 1974), Portrait de Geronimo (Ro), signatures des membres du cercle Wakanda (Vo),1929, t.b.c. GERONIMO, gouache (Ro), plume et encre noire (Vo) sur peau découpée et tannée. H. 77,5 cm ; L. 44 cm, don de Monsieur Mario Luraschi, MNB 2024.3.1  Peintre, illustrateur, ethnologue et écrivain français, Paul Coze est un fervent défenseur de la cause des Indiens d’Amérique qu’il découvre lors d’un rassemblement scout organisé près de Compiègne en 1920. C’est auprès d’un Peau-Rouge, instructeur d’une patrouille américaine, qu’il découvre l’art de se camoufler, de lire une piste. Il est invité par la Compagnie des chemins de fer canadiens à découvrir les Indiens d’Amérique du Nord et tire de cet expérience la matière d’un livre intitulé Wakanda (paru en 1929). La même année, il fonde avec un groupe d’amis scouts le cercle d’études indiennes du même nom. Ce cercle est destiné à faire connaître par des spectacles, conférences, publications, les traditions artistiques et spirituelles des Amérindiens. Cette peau tannée porte au verso les signatures des premiers membres de Wakanda, apposées le 31 octobre 1929. La création de ce groupe, dont le nom signifie en sioux-dakota « pouvoir invisible de la vie », est placée sous l’égide de l’homme-médecine Geronimo. 

Paul Coze, Portrait de Geronimo

Leslie E. Lane, Bord de rivière, 1948

Leslie E. Lane, (Sydenham, Royaume-Uni, 1906 – Nantucket, U.S.A., 1993), Bord de rivière, 1948, s.d.b.d. Leslie E. Lane / 48, huile sur toile. H. 38 cm ; L. 46 cm, don de Monsieur Patrick Deloche de Noyelle, MNB 2024.5.1  Leslie Lane, artiste né en Angleterre, mais formé au Canada, aux États-Unis et en France, s’engage dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Il sert comme sergent dans l’unité de logistique (CONtinental ADvance Section ou CONAD) chargée de faciliter le débarquement en Afrique du Nord en 1944 puis d’assurer son approvisionnement au cours de l’avancée des troupes américaines et françaises depuis leur débarquement à Marseille jusqu’à leur arrivée à Berlin en 1945. Il appartient au G-2, unité chargée du renseignement au sein du CONAD. L’histoire de cette unité d’élite a été publiée en 1945 dans un ouvrage, CONAD History, dont Leslie Lane a réalisé une partie des illustrations, documentant les régions traversées par les armées du débarquement, depuis Oran jusqu’à Heidelberg. Ce bord de rivière, qui pourrait se trouver aussi bien en France qu’aux États-Unis, est traité au couteau de manière allusive, sans pour autant négliger une mise en espace rigoureuse. Ce tableau a surtout valeur de témoignage du talent d’un artiste combattant.

Leslie E. Lane, Bord de rivière, 1948

S. Phillip Romer, Portrait de jeune fille chacta, 1856

S. Phillip Romer (Bavière, 1820 – Mobile, Alabama, U.S.A., après 1866), Portrait de jeune fille chacta, 1856, s.g. P. Romer, huile sur toile. H. 76 cm ; L. 63 cm, achat, MNB 2024.2.1  Né en Bavière en 1820, Phillip Romer arrive aux Etats-Unis vers l’âge de vingt ans. Il exerce la profession de peintre de portraits à Mobile, en Alabama et est naturalisé américain en 1856. En 1861, lorsqu’éclate la guerre de Sécession, l’artiste est mobilisé pour servir en tant que sergent dans l’artillerie confédérée. Ce Portrait de jeune fille chacta, qui conserve son magnifique cadre original, est une des rares œuvres connues de l’artiste. Au XIXe siècle, les Chactas étaient considérés comme l’une des « Cinq tribus civilisées », ainsi dénommées car elles avaient intégré un certain nombre de pratiques culturelles et technologiques des Européens. Comme la plupart des femmes chactas, cette jeune fille est traditionnellement vêtue d’une couverture et parée de boucles d’oreilles et d’un collier imposant. Sa longue chevelure d’un noir de jais contraste avec la blancheur du vêtement. Lorsque Phillip Romer réalise ce portrait dans les années 1850, les tribus ont déjà perdu le contrôle de leurs terres au profit des colons. 

S. Phillip Romer, Portrait de jeune fille chacta, 1856