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Ne pouvant accéder au Prix de Rome, réservé aux artistes français, les Américains exposent régulièrement au Salon où l’État réalise de nombreuses acquisitions pour le Musée du Luxembourg. C’est ainsi que Le Bosquet de Gari Julius Melchers, ou Lumière

Les objets

Sculpture Bronze

Le Marquis de La Fayette par David d'Angers

1829

Figure emblématique de l’amitié franco-américaine, Gilbert du Motier, Marquis de Lafayette (1757-1834) a entretenu toutes sa vie des liens étroits avec la jeune nation américaine. Parti en 1777, à 19 ans comme volontaire pour soutenir les insurgents américains en lutte contre la métropole britannique, Il est enrôlé dans l’armée américaine et devient rapidement l’aide de camps du Général Washington. Engagé dans de nombreux épisodes militaires et en particulier la Bataille décisive de Yorktown. Il se fait l’avocat des treize colonies auprès de Louis XVI, contribuant ainsi à l’envoi du corps expéditionnaire français.  Il revient auréolé de la victoire américaine et garde toute sa vie des liens étroits avec les Etats-Unis et en particulier Georges Washington qui le considérait comme son fils adoptif. En honneur de cette amitié, Lafayette prénomme son fils George Washington Lafayette. Ses contacts privilégiés, sa popularité extraordinaire aux Etats-Unis se révèlent d’une façon éclatante au cours du voyage triomphal qu’il effectue au Etats-Unis entre 1824 et 1825.La longue carrière politique de Lafayette trouve un point d’orgue en 1830.  Son autorité lui permet de prendre part aux  Trois Glorieuses en favorisant l’avènement du Duc d’Orléans, futur Louis Philippe. Dans les mois qui ont précédés ces événements, Lafayette qui entretient des relations privilégiés avec les artistes de la maison d’Orléans joue un rôle important dans la commande par le Congrès américain à David d’Angers d’un portrait en pied de Washington. David d’Angers réalise alors également deux bustes destinés aux Etats-Unis, l’un représentant Washington, l’autre Lafayette lui-même, en marbre.Il réalise également une version en bronze d’une très belle facture. Elle représente Lafayette à l’Antique dans une attitude solennelle. La facture néoclassique adoptée par David d’Angers confère une grandeur et une grande monumentalité à la sculpture. Lafayette est représenté de face, le sculpteur a crée une figure puissante traduisant la maturité et l’autorité d’un homme politique âgé,  en pleine possession de ces moyens. Le traitement très soigné de la coiffure et des mèches légèrement stylisées est remarquable. L’œuvre est en très bon état, un peu salie mais avec un aspect homogène.Le musée de Blérancourt a collectionné dès l’origine des souvenirs et représentations de Lafayette tout au long de sa vie. Il possède aujourd’hui une collection extensive qui comprend plus de 300 item (tous domaines confondus). Parmi les objets artistiques les plus remarquables Le départ de Lafayette par Hubert Robert et Lafayette sur son lit de mort par Ary Scheffer. Cette acquisition exceptionnelle viendrait renforcer un fonds qui s’impose aujourd’hui comme un fonds de référence. 

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© Sotheby Tous droits protégés
Le Marquis de La Fayette par David d'Angers

Peinture

Le retour du troupeau, vers 1899

France, vers 1899

Huile sur toile22,6 cm x 32,5 cmInv. MNB 90.5Né à Boston en 1851 dans une famille fortunée, Charles Sprague Pearce grandit dans un milieu favorable à l’épanouissement de ses dons artistiques. En 1873, sur les conseils de William Morris Hunt, il fait le voyage de Paris pour étudier la peinture, s’installe à Montmartre, et suit pendant plusieurs années l’enseignement académique de Léon Bonnat (1833-1922) dont il subit l’influence. A partir de 1876, il expose chaque année au Salon où il obtient de nombreuses récompenses. Parallèlement, il expose aussi aux Etats-Unis, notamment à la prestigieuse Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie. Il déploye une grande activité dans les milieux artistiques franco-américains : membre du jury de la section américaine des Beaux-Arts à l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, il est également l’un des éléments fondateurs et le vice-président de l’influente Paris Society of American Painters. En 1885, il s’installe définitivement à Auvers-sur-Oise où il meurt en 1914.Charles Sprague Pearce fut probablement l’un des peintres américains expatriés en Europe les plus productifs et les plus inspirés. Sous l’influence de Léon Bonnat et de Bastien-Lepage, il pratique un académisme de qualité qui marque profondément ses portraits et ses tableaux historiques ou religieux. Ses voyages en Egypte et en Algérie apportent une touche d’orientalisme à certaines de ses œuvres. A la manière de Jean-François Millet ou de Charles-François Daubigny, c’est également un peintre de la nature et de la ruralité. A la fin de sa vie, l’Impressionnisme ne le laisse pas insensible comme en témoignent les deux paysages conservés à Blérancourt. (*)Le Retour du troupeau a été exécuté à la fin des années 1880 et s’inscrit dans cette période où Charles Sprague Pearce, définitivement installé à Auvers-sur-Oise, donne dans le naturalisme rural. Le thème de la bergère - ou du berger - solitaire revient alors fréquemment dans son œuvre. Ce tableau est emblématique de cette série et se distingue par son format imposant et par la maîtrise de son exécution. La qualité particulière de la lumière confère à l’œuvre une tonalité presque religieuse.

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Le retour du troupeau, vers 1899

Peinture

Le Bosquet, 1908

1908

Huile sur toile167 cm x 111 cm ;Inv. RF 1980.139Dépôt du Musée d’OrsayNé à Detroit, dans le Michigan, de parents d’origine néerlandaise, Gari Julius Melchers fait ses études artistiques en Europe, d’abord à la Royal Academy de Düsseldorf où il fut l’élève de Karl von Gebhardt et Peter Janssen, puis à Paris, à l’Académie Julian, où il suit l’enseignement de Jules Lefebvre et de Gustave Boulanger. Il est plus tard le disciple et l’ami de Puvis de Chavanne. Dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, il se fait surtout remarquer par ses toiles monumentales consacrées au monde paysan. C’est seulement à la fin d’un long séjour en Hollande, au début du XXe siècle, qu’il subit l’influence des Impressionnistes. En 1916, Gari Melchers s’installe à Fredericksburg, en Virginie. Sa peinture surprend ses compatriotes car, dans leur grande majorité, les artistes du Sud des États-Unis sont restés à l’écart du mouvement impressionniste.Le Bosquet fut acquis par l’État français en 1908 et déposé au Musée du Luxembourg où figuraient déjà plusieurs œuvres de l’artiste, notamment Le Sermon (1886) et Maternité (1895). Comme Maternité, Le Bosquet trahit manifestement l’influence des peintres allemands Liebermann et von Uhde et s’inscrit incontestablement dans la période impressionniste de l’artiste. La mère à l’enfant est l’un des thèmes de prédilection de Gari Melchers, qui travaille sur ce sujet de 1906 à 1913. Il rejoint en cela sa compatriote Mary Cassatt (1845-1926), artiste américaine influencée par l’impressionnisme d’Edgar Degas. L’inspiration religieuse n’est pas absente de l’œuvre : la composition du Bosquet est pratiquement identique à celle de la Madone, exécutée par l’artiste vers 1906-1907 et conservée au Metropolitan Museum de New York.

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Le Bosquet, 1908

Peinture

Autoportrait de Leo Stein

Paris, 1906-1908

Huile sur toile80, 8 x 44, 7 cm Le nom de Leo Stein (1872-1947) est immédiatement associé à son rôle de mécène et de collectionneur des avant-gardes françaises au tournant du XXeme siècle. On sait moins que Leo Stein a également eu, toute sa vie, l'ambition de peindre.L'œuvre est une pièce très rare témoignant de cette activité picturale et souligne l'influence de la peinture française sur sa production. L'acquisition de ce tableau ferait entrer le premier portrait du grand collectionneur américain dans une collection publique française. Leo Stein, collectionneur des avant-gardes parisiennes L'itinéraire de Leo Stein à Paris est assez bien connu : arrivé à Paris en décembre 1902. Il s'installe au 27 rue de Fleurus où il est rapidement rejoint par sa sœur Gertrude, son frère Michael et l'épouse de ce dernier, Sarah.Leo s'impose comme le mentor artistique à la fratrie. Conseillé par son ami Bernard Berenson, il découvre d'abord Cézanne, puis fait la connaissance de Vollard, Matisse, Picasso... En 1905, il achète La Femme au chapeau de Matisse qu'il a découvert au Salon d'Automne L'achat du chef-d'œuvre fauve de Matisse peut être considéré comme un tournant pour  cette collection qui va désormais se focaliser sur les avant-gardes.A partir de 1906, les Stein tiennent salon rue de Fleurus, le samedi. Selon les témoignages de ses contemporains, Leo en est, à l'époque l'animateur et la vedette, bien plus que sa sœur Gertrude. Guidé par la passion de l'art, il est un causeur brillant qui désireux de faire découvrir l'art moderne à ses contemporains.Dès 1908, il  se détourne de la peinture de Matisse et plus tard rejette franchement la peinture cubiste.En 1913, la rupture est consommée avec Gertrude, leur collection est partagée et Leo part s'installer en Italie à Settignano, entouré de ses tableaux de Renoir.L'autoportrait de Leo SteinLe sujet de ce portrait est particulièrement intéressant car Leo Stein, collectionneur et critique d'art, s'y représente en artiste.  Fidèle à l'iconographie traditionnelle de l’autoportrait de peintre, il se regarde dans un miroir,  campé derrière son chevalet, pinceaux à la main. L’expression tourmentée du personnage rend bien compte de la personnalité complexe de Leo Stein.La facture assez habile et vigoureuse révèle deux influences majeures : celle de Cézanne  et celle de Matisse.Cézanne est l'une des figures tutélaires du panthéon de Leo Stein : ici la composition et les coloris sont clairement inspirés des portraits du peintre aixois.La seconde influence, plus évidente encore, est celle de Matisse : l'utilisation des rehauts de couleurs vives.  Le bleu-vert sur le visage est une quasi citation des portraits fauves de Matisse. On pense à La Dame au chapeau de 1905, aujourd'hui au San Francisco Museum of Art mais également à l'Autoportrait de Matisse (Statens Kunst Museum, Copenhagen). Les rehauts de couleur bleu et jaune le long du chevalet semblent être un hommage à l'utilisation de couleurs intenses que Leo Stein admirait énormément chez Matisse.Cet autoportrait de Leo Stein a été montré pour la première fois au public en 2011-2012 dans l'exposition « Matisse, Cezane, Picasso. L'aventure des Stein» (Grand Palais, San Francisco Museum of Modern Art et Metroplitan Museum of Art).  C'est une découverte qui vient enrichir les rares représentations peintes connues du collectionneur américain. En effet, en dehors de quelques caricatures en 1905 et du très beau portrait dessinés par Picasso en 1906-10, les traits de Leo Stein sont surtout connus par des photographies. 

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© Anne Dopffer
Autoportrait de Leo Stein

Sculpture Bronze

Panthère sur un rocher, 1908

1908

BronzeH. 38 cm ; L. 25 cm ; P. 33 cmInv. JP 62 SDépôt du musée national d’Art moderneNée en 1876 à Cambridge, dans le Massachussets, Anna Vaughan Hyatt tenait probablement de son père, Alpheus Hyatt, professeur de paléontologie et de zoologie à Harvard, son amour de la nature et des animaux sauvages et domestiques. Elle étudie la sculpture sous la direction de Henry Hudson Kittleson à Boston et de Hermon Atkins Mac Neil à la Art Students League. Elle travaille également avec le sculpteur Gutzon Borglum. Elle modèle d’abord des figures animales, notamment des félins, puisant son inspiration dans ses nombreuses visites du zoo du Bronx, à New York. En 1908, elle séjourne à Naples, et en 1910 en France où elle exécute une statue équestre grandeur nature de Jeanne d’Arc, œuvre pour laquelle elle est décorée de la Légion d’Honneur. En 1923, elle épouse Archer Huntington, chercheur, archéologue et philanthrope, avec qui elle crée en particulier Brookgreen Gardens, en Caroline du Sud. C’était le premier parc naturel américain consacré à la statuaire : une belle collection de sculptures américaines de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle y était exposée. Anna Hyatt Huntington connait la notoriété de son vivant. Elle meurt à Redding, en 1973, à l’âge avancé de 97 ans.Anna Hyatt Huntington a une prédilection particulière pour la représentation des félins, la panthère en particulier. Elle l’a modelée à plusieurs reprises dans des poses différentes. Cette Panthère sur un rocher est une œuvre résolument réaliste. L’artiste a parfaitement rendu la descente lente, souple, féline de l’animal qui semble guetter une proie. Le pelage lisse du fauve contraste avec la rugosité du roc. Le souci du détail est encore accentué par le travail du praticien qui a traduit dans un marbre noir l’œuvre du sculpteur. L’art d’Anna Hyatt Huntington est plus proche de la statuaire du XIXe siècle - celle d’un Emmanuel Frémiet (1824-1910), par exemple - que de la sculpture abstraite contemporaine que l’artiste n’appréciait ni ne comprenait.

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Panthère sur un rocher, 1908