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Le soutien français aux Insurgents américains

Le soutien français aux Insurgents américains

À la fin de 1776, Benjamin Franklin, chargé de défendre la cause des «insurgents» en France, est reçu par le roi Louis XVI. Des volontaires appartenant à l’aristocratie française s’enrôlent en grand nombre : beaucoup d’entre eux, tel le jeune marquis de Lafayette, sont poussés par l’amour de la liberté et l'enthousiasme face à la construction d’un monde nouveau. Le 6 février 1778, est signé le traité de Versailles : Franklin obtient le soutien officiel de la France qui voit dans cette lutte l’occasion de prendre sa revanche sur l’Angleterre.
L’effectif des «insurgents», commandés par le général George Washington, est renforcé par la flotte française placée sous le commandement de l’amiral d’Estaing, puis par les troupes de Rochambeau et enfin par l’escadre de l’amiral de Grasse.
Près de 10 000 soldats français participèrent à la Guerre d’Indépendance également appelée Révolution américaine. Leur présence au siège de Yorktown, du 28 septembre au 19 octobre 1781, permet au conflit de s’achever par la capitulation anglaise. Le 3 septembre 1783, le traité de Versailles reconnait l’indépendance de la République fédérée des États-Unis d’Amérique.

Les objets

gravure

Coiffure de l'indépendance ou Le triomphe de la liberté

Anonyme, vers 1778

ou Le triomphe de la liberté Le 17 juin 1778, au large des côtes bretonnes, face à la baie de Goulven, l’affrontement entre la frégate française la Belle Poule, commandée par le lieutenant de vaisseau rochelais Jean Isaac Chadeau de la Clocheterie, et la frégate anglaise l’Aréthuse, placée sous les ordres de l’amiral Keppel, se traduit par une incontestable victoire française. Cette bataille d’Ouessant marque le début de l’engagement armé de la France dans la guerre d’indépendance américaine et a un immense retentissement national. Le peuple exulte et célèbre la valeureuse frégate française tandis qu’à la Cour, la reine Marie-Antoinette demande à son coiffeur Léonard et à Rose Bertin, sa modiste, de lui composer une coiffure à l’effigie du fier bâtiment : sur un savant échafaudage de vrais cheveux ondulés et de postiches navigue toutes voiles dehors une monumentale frégate. Les coiffures allégoriques inspirées par l’actualité : coiffure à la Boston, à l’Indépendance, au ballon de Montgolfier… sont alors à la mode. Ces imposantes coiffures nous sont connues grâce aux gravures de mode qui sont éditées en série à partir de la fin du XVIIe siècle. En savoir plus : l'Histoire par l'image…

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
Coiffure de l'indépendance ou Le triomphe de la liberté

Peinture

La France offrant la Liberté à l’Amérique, 1784

1784

Huile sur toileH. 135 cm ; L. 186 cmInv. MNB 93-8Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, l’aide apportée par la France aux «insurgents» d’Amérique pendant la guerre d’indépendance est un sujet dont la fraîche actualité nourrit l’inspiration des artistes. En 1784, l’Académie royale de Peinture de Toulouse en fait le thème de son concours annuel : La grande révolution opérée dans le nouveau monde. Le grand prix est remporté par Jean Suau (1758-1856), un peintre toulousain élève du chevalier Rivalz. Le tableau primé est une œuvre allégorique intitulée La France offrant la Liberté à l’Amérique.Au centre de la toile, la France porte un grand manteau royal par dessus sa cuirasse. Elle offre la Liberté à l’Amérique, symbolisée par un sauvage coiffé de plume et agenouillé à ses pieds. La figure allégorique de la Liberté est simplement vêtue d’un linge blanc qui couvre ses épaules et ses reins, et tient le sceptre de la souveraineté et le bonnet phrygien de la liberté conquise. La France et la Liberté précèdent la Victoire aux ailes déployées. Derrière ce groupe, la Paix, couronnée de fleurs, est agenouillée. Elle tourne son regard vers l’Abondance aux bras chargés d’épis de blés, de rameaux d’olivier et de fleurs des champs. Assise au premier plan et vue de dos, une jeune femme représente le Commerce. Elle est appuyée sur un ballot de marchandises et tient un gouvernail; une boussole et une carte marine gisent à ses pieds. Dans le ciel, une Renommée ailée propage la bonne nouvelle tandis qu’à l’arrière-plan, à droite, Hercule combat le léopard anglais avec l’aide du coq gaulois.Par son atmosphère, par ses emprunts à l’Antiquité gréco-romaine, par sa composition en frise qui rappelle l’animation et la puissance des bas-reliefs antiques, l’œuvre de Jean Suau s’inscrit dans la plus pure tradition néo-classique. L’artiste n’a pas représenté les héros français ou américains qui se sont illustrés dans le conflit. C’est l’Indien, «le bon sauvage» cher à Jean-Jacques Rousseau, qui personnifie l’Amérique libérée - grâce à la France - de la tutelle anglaise. Le procédé allégorique sert davantage à célébrer la victoire de la monarchie française - dispensatrice des bienfaits de la civilisation des Lumières - sur la puissante Angleterre que la naissance du nouvel État américain. Le tableau véhicule donc un véritable message politique qui met en lumière le rôle capital joué par la France et son monarque. En savoir plus : l'Histoire par l'image…

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© Musée franco-américain du château de Blérancourt - RMN
La France offrant la Liberté à l’Amérique, 1784