2022
Acquisitions en 2022
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Les objets
Anna Richards Brewster - The Holly Woman
Anna Richards Brewster (Germantown, Pennsylvanie, 1870 – Scarsdale, New York, 1952), The Holly Woman, vers 1900, M.b.g. ARB, s.b.d. RICHARDS, huile sur toile. H. 153 cm ; L. 86 cm, don des amis du musée de Blérancourt et des American Friends of Blérancourt, MNB 2022.3.1 Fille d’un célèbre peintre de paysage américain, Anna Richards Brewster étudie d’abord à New York avant de s’inscrire à Paris à l’académie Julian. À partir de 1899, inspirée par les préraphaélites anglais, elle explore des thèmes symbolistes où se lit sa fascination pour les vagues et les figures féminines en costume médiéval. The Holly Woman, daté des années 1900, appartient clairement à ce registre. Mettant en scène une femme toute vêtue de blanc, juchée sur un cheval tout aussi fantomatique, l’œuvre est une évocation de la Mort. La figure féminine gracieuse, une incarnation de la Mort sous les traits d’une sainte femme, aide ici un enfant à traverser en douceur le fleuve qui sépare le monde des vivants de celui des défunts. Les tonalités inhabituelles, avec ce fond rouge sur lequel se détachent les figures évanescentes, les longues touches lumineuses qui donnent vie aux voiles de la femme et la crinière du cheval, l’étonnant rendu du reflet, montrent toute l’originalité de l’artiste qui apporte au thème de la Mort, si prisé des symbolistes, une touche d’émotion toute personnelle.
Trois bronzes
Robert Macfie Scriver (Browning, Montana, 1914 – id., 1999), To Ride a Bronc, 1984, bronze patiné. H. 50 cm ; l. 30 cm ; L. 23 cm, don de Mme Anne Brockinton Lee, MNB 2022.2.1 Harry Andrew Jackson (Chicago, Illinois, 1924 – Sheridan, Wyoming, 2011), The Marshall II, 1979, Bronze avec polychromie. H. 41 cm ; l. 46 cm ; L. 16 cm, don de Mme Anne Brockinton Lee, MNB 2022.2.2 Terry James Murphy (Helena, Montana, 1952 – id., 2007), Tribal Guardian, 1990, bronze patiné et doré. H. 75 cm ; l. 35 cm ; L. 35 cm, don de Mme Anne Brockinton Lee, MNB 2022.2.3 Ces trois bronzes incarnent, chacun à leur manière, l’imaginaire de l’Ouest américain et la persistance de la fascination, jusque dans les années 1990, pour le western, genre cinématographique qu’il a inspiré. Les sculpteurs, américains, contemporains et décédés récemment, ont consacré leur vie et leur carrière à la glorification des Indiens des Plaines et des cowboys. To Ride a Bronc, de Robert Scriver, renvoie au monde du rodéo, ce jeu d’adresse qui consiste pour un cavalier à maîtriser ou à monter à cru un cheval sauvage, notamment à l’occasion des fêtes qui ont lieu lors du marquage du bétail. Un bronc est un cheval spécialement sélectionné pour ses capacités à désarçonner son cavalier. Le bronze polychrome de Harry Jackson, The Marshall II, est un portrait de l’acteur John Wayne, incarnant le marshall Rooster Cogburn dans le film Cent dollars pour un shérif, un western de 1969, puis dans Une Bible et un fusil de 1975. La troisième sculpture est un portrait d’un Indien des Plaines, Tribal Guardian. Il appartient à toute une série de bustes de chefs indiens, hiératiques, portant les attributs du guerrier, lance ou carquois, collier de dents de loup ou d’ours, plumes d’aigles.
Louise Janin, Fonds d’atelier de l’artiste, entre 1923 et 1993
Louise Janin (Durham, New Hampshire, 1893 – Meudon, 1997), Fonds d’atelier de l’artiste, entre 1923 et 1993, Don manuel de Mme Michele Janin, petite-nièce de l’artiste, MNB 2022.1.1 à 174 Œuvres de Louise Janin (107 numéros) : 3 pièces de mobilier, 38 peintures, 9 esquisses peintes, 23 lots de dessins (2627 feuilles), 24 carnets de dessins et 9 objets de l’atelier Œuvres d’autres artistes :(67 numéros) : 9 sculptures, 2 objets, 33 peintures, 18 dessins et 5 estampes Louise Janin est une artiste américaine, d’origine française, qui s’installe définitivement à Paris en 1923 après une première formation artistique à San Francisco. Ses premières œuvres, dans les années 20, sont teintées d’un symbolisme original, inspiré des formes de l’art asiatique et des thèmes du bouddhisme, auquel se mêlent les lignes pures de l’Art déco. En 1926, sa rencontre avec Kupka et Valensi oriente son travail vers une nouvelle direction, le musicalisme. Ses tableaux s’éloignent alors de la figuration pour user d’un langage abstrait, fait de lignes sinueuses et de couleurs vives et scintillantes, qui traduit en images les variations musicales. À partir des années 50, elle expérimente la technique du « marbling » pour créer des « cosmogrammes », sortes de médiations colorées sur papier qu’elle assemble ensuite dans de grandes compositions sur toile ou sur bois. Ses dernières peintures, entre 1970 et son décès en 1997, montrent une palette adoucie et s’inspirent des formes de la nature. Ce fonds d’atelier permet d’appréhender la production artistique de Louise Janin dans son ensemble, de la peinture aux arts décoratifs, des arts graphiques à la poésie, car outre ses œuvres, le don comprend aussi les archives et écrits de l’artiste. Ses livres et sources d’inspiration (objets asiatiques), mais aussi les œuvres d’autres artistes figurant dans son atelier (Auguste Janniot, Ernst Klausz, Marcel Lempereur-Haut) nous permettent de comprendre ses centres d’intérêt artistiques comme son environnement amical et culturel.