Thomas Alexander Harrison, Marine
Nouvel accrochage

Le symbolisme dans la peinture américaine (1885-1925)

A partir du 13 mai 2023
Symbolisme

Le musée franco-américain du Château de Blérancourt renouvelle l’accrochage de sa section des Arts à partir du 13 mai, l’occasion de découvrir le symbolisme, mouvement artistique de la fin du XIXème et au début du XXème siècles.

Existe-t-il une peinture symboliste américaine ? En apparence, le symbolisme, qui fleurit dans la peinture en Europe à la fin du XIXème et au début du XXème siècles, semble avoir laissé à l’écart les Etats-Unis, pays dont les fondations idéologiques sont imprégnées d’une religion du progrès. On associe plus facilement la peinture américaine de ce temps avec l’impressionnisme. Le nombre d’artistes de ce pays ayant embrassé le « culte impressionniste » est en effet considérable, surtout parmi ceux qui ont fait une partie de leur carrière en France. Il serait faux pourtant de croire que le symbolisme n’a pas séduit une partie d’entre eux, désireux de s’éloigner du spectacle de la modernité qui caractérise la peinture impressionniste. La poésie des mythes fondateurs, la recherche de spiritualité, un certain goût pour la solitude et la mélancolie, une vision de la nature comme miroir de l’âme, sont à l’œuvre dans la production picturale d’artistes américains, influencés par les symbolistes qu’ils côtoient lors de leurs séjours en France ou en Angleterre.   

Si la plongée dans les mythes, contes et légendes, caractéristique du symbolisme, inspire des artistes comme Arthur Bowen Davies, Bryson Burroughs et Anna Richards Brewster, ce n’est pas en puisant dans les racines culturelles de leur propre pays, mais bien dans celles de la vieille Europe, dans l’histoire antique ou les légendes médiévales. Louise Janin, de son côté, tire son inspiration de l’univers légendaire et spirituel de l’Asie bouddhiste.

La question du paradis perdu semble avoir séduit des artistes comme Julius Leblanc Stewart ou Thomas Alexander Harrison, usant dans leurs tableaux d’une touche fragmentée et d’une gamme colorée franche qui pourraient aisément les rattacher à l’impressionnisme. Seul le caractère antinaturaliste du sujet les en éloigne.

La religion et la spiritualité restent des sujets assez peu prisés chez les artistes américains, à l’exception de Louise Janin, qui explore des thèmes du Nouveau Testament dans un langage pictural d’une évidente modernité avec un goût prononcé pour l’arabesque décorative.

La solitude et la mélancolie s’incarnent dans les œuvres des frères Harrison, Orville Houghton Peets, Glen O. Coleman ou Thomas Wilmer Dewing, dans nombre de figures féminines, confrontées à l’immensité d’un paysage de mer ou de forêt, la tristesse d’un décor urbain ou les murs nus d’un appartement.

Les grands espaces, l’infini d’un horizon baigné d’une lumière crépusculaire, la profondeur de la nuit ou la violence d’une vague, offrent à l’âme un miroir pour s’évader loin des réalités de l’existence. Cette dimension mystique de la nature, déjà présente dans l’histoire du paysage américain à travers les peintres romantiques de la Hudson River School, trouve un écho particulier chez nombre d’artistes de la fin du siècle comme Thomas Alexander Harrison, Louis Aston Knight, Robert Henri ou encore Léon Dabo. Les tonalités sombres, les contours flous baignés d’une lumière étrange, éloignent ces paysages de l’objectivité impressionniste et traduisent la relation spirituelle unissant l’homme et la nature.  

Enfin, la dernière partie de ce nouvel accrochage met à l’honneur une artiste qui incarne à elle seule le symbolisme de la peinture américaine, Romaine Brooks, dont les thèmes comme le langage pictural aux tonalités rompues de gris et de bleu, expriment à la fois mélancolie et spiritualité. Son autoportrait comme ses portraits de D’Annunzio ou de Jean Cocteau, aux visages empreints d’une intense profondeur psychologique, s’inscrivent invariablement sur un fond de paysage vaporeux, en écho à l’esprit tourmenté de ses modèles.


Cette présentation s’appuie exclusivement sur les œuvres américaines conservées dans des collections publiques et privées françaises.

 

Prêts / dépôts du musée d’Orsay

Le musée franco-américain bénéficie déjà de très nombreux dépôts du musée d’Orsay comme les œuvres de Childe Hassam ou de John-Singer Sargent. Cet accrochage autour du symbolisme américain est l’occasion pour le musée de Blérancourt d’enrichir sa présentation permanente de 9 nouveaux chefs-d’œuvre, généreusement prêtés par le musée parisien, en particulier des tableaux de Alexander Harrison, Julius Stewart, Léon Dabo ou John Humpreys-Jonhston.


Don des Amis français et américains du musée :
The Holy Woman d’Anna Richards Brewster

Les associations des Amis français et des Amis américains se sont unies pour offrir au musée franco-américain une œuvre unique d’Anna Richards Brewster : The Holy Woman.
Une seule autre œuvre de cette artiste est conservée en France : au musée franco-américain du Château de Blérancourt ! L’Enfance malheureuse, daté de 1918 ou 1919, met en scène deux enfants errant parmi les ruines de l’Aisne. Ce tableau a été offert au musée par le CARD au moment de la création du musée.

Offrir le tableau d’une artiste américaine est dans la continuité de l’œuvre d’Anne Morgan.


Anna Richards Brewster (1870-1952), une artiste américaine en France
Née à Philadelphie dans un milieu artistique et littéraire, Anna Richards Brewster passe une grande partie de sa vie et de sa carrière en Europe, en Angleterre principalement, et également en France, avant de se réinstaller à New York. Comme beaucoup d’artistes américains de sa génération, elle vient à Paris dans sa jeunesse pour parfaire sa formation à l’Académie Jullian. Anna Brewster est avant tout un peintre paysagiste, dont la plupart des tableaux empruntent leurs tons clairs et leur touche généreuse à l’impressionnisme. Elle peint aussi des scènes orientalistes, glanées lors de ses voyages en Orient.

 

 

> Découvrir les animations proposées dans le cadre de cet accrochage

 

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